Le Président Sarkozy pratique une politique d’ouverture. C’est pour lui "un devoir". Il confie des postes de Ministres, de Secrétaires d’Etats, de Membres de Commissions, à des personnalités issues de la gauche, de l’immigration ou du sport. Bernard Kouchner, Jack Lang, Rachida Dati, Bernard Laporte représentent les personnalités les plus connues de la "Sarkouverture". Cette diversité doit apporter du sang neuf et des idées nouvelles pour un développement durable, si l’on en croit les propos du Président Sarkozy dans un récent discours : "Les civilisations meurent de leur consanguinité.".

Ce n’est pas la plupart des experts du management d’entreprise qui le contrediront sur ce point. L'avis des experts du manangement peut être résumé ainsi : il faut avoir un cadre de travail, mais il faut aussi savoir en sortir, dans certaines conditions, pour trouver des solutions simples aux problèmes complexes de l’entreprise.

Dans quelles conditions alors, peut-on jouer l’ouverture dans l’entreprise ?…

Tout d’abord, les collaborateurs doivent accepter de donner leurs idées nouvelles, différentes, même provocantes, sans pour autant qu’elles soient retenues par la Direction. Les collaborateurs peuvent donner leur avis, certes, il doivent être d’ailleurs encouragés dans ce sens par la Direction (cf. les dispositifs d’incitation à l’expression des idées). Mais ils doivent accepter que les décisions des dirigeants ne suivent pas forcément leurs propositions. Les collaborateurs doivent accepter qu’ils soient juste consultés par la Direction qui décide au final. Il suffit d’expliquer très clairement les règles de ce jeu d’ouverture dès le départ, pour éviter des remarques du genre : "à quoi ça sert de nous demander notre avis, si on ne nous écoute pas !"... Les Dirigeants doivent écouter en mettant en place des dispositifs ad'hoc, mais ils ne sont pas tenus de suivre les idées proposées. Les collaborateurs doivent accepter que leurs idées soient simplement "synthétisées" avec d’autres. Et "synthétisées" ne veut pas dire "éliminées", mais "intégrées". En tous cas, chaque idée doit être au minimum "sauvegardée", "stockée" par la Direction pour un usage ultérieur éventuel (cf. les solutions de gestion des idées).

Autre condition au jeu de l’ouverture en entreprise : les Dirigeants doivent accepter que leurs collaborateurs ne soient pas tous solidaires des décisions prises. Au mieux, les collaborateurs ne diront rien et feront leur travail sans gaieté de cœur. Au pire, ils exprimeront "ouvertement" leurs désaccords ou négocieront leurs départ de l’entreprise. Ce n’est pas trop grave dans un Gouvernement, quand on sait que ce ne sont pas les Ministres et les Secrétaires d’Etat qui feront appliquer les décisions et les lois sur le terrain auprès de la population. En revanche, cela peut-être un réel problème quand des commerciaux doivent vendre des produits auxquels ils ne croient pas, ou lorsque des cadres doivent confier à leur équipe des tâches qu’ils trouvent inutiles, pour ne citer que deux exemples...

La solution à ces risques de "désolidarisation", c’est La Lettre de Guy Môquet, ou plutôt ce qu'elle représente comme schéma directeur, fil conducteur ou feuille de route symbolique. Bien évidemment, il n’est pas question ici de prétendre que le contenu de La Lettre de Guy Môquet est "bon" ou "mauvais" pour la réussite d’une entreprise. Il est question ici de conseiller à tout dirigeant de demander à ses collaborateurs d’adhérer authentiquement à une déclaration de politique générale. Cette déclaration de politique générale peut et doit être élaborée avec la participation des collaborateurs. A défaut de participer à l’élaboration de cette déclaration, les nouveaux entrants dans l’entreprise doivent au moins y adhérer. Encore faut-il bien expliciter chacun des termes de cette déclaration, pour éviter toute interprétation involontaire. A titre d’exemple, quand on lit la Lettre de Guy Môquet à des élèves, l’explication de texte pourrait être la suivante : personne n’est obligée de mourir pour la France, mais en mémoire de ceux qui y ont été contraint, il est demandé de respecter sa patrie... Il ne s’agit que d’un exemple possible. En tous cas, il est souhaitable qu’une déclaration de politique générale remporte l’adhésion "générale" ou au moins d’une large majorité au sein de l’entreprise. Une adhésion majoritaire "stratégique" de départ, évite que les désaccords "tactiques" dégénèrent par la suite. Pour garantir cette adhésion générale à la stratégie, il existe des moyens participatifs et de mise en adéquation (cf. notamment l’analyse C.G.P. décrite dans la précédente Newsletter).

Marc Vachon propose une première consultation sans engagement pour vous aider à : animer des réunions, réaliser des interviews, collecter des données, synthétiser des idées, choisir des orientations, plannifier des actions, en face à face, en équipe, par téléphone, via Internet et mass médias.

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