Résumé de l'article :

Le concept d'envie me semble intéressant à approfondir car il peut remplacer chacun des termes ci-après entre guillemets. Ces termes entre guillemets sont d'ailleurs largement utilisés par les auteurs d'ouvrages au sujet du management et de la réussite professionnelle. Ci-après sont résumés les principaux conseils de ces ouvrages...

- Avoir des "intentions" précises au présent et des "objectifs" précis à atteindre dans l'avenir.

- Avoir des priorités : ne pas se disperser ou augmenter la difficulté avec un trop grand nombre d'"intentions" ou d'"objectifs".

- Avoir une "motivation" profonde qui sous-tend cette "intention", ces "objectifs" : être sur sa "vocation", sur la bonne "voie".

- Croire en sa réussite : être sûr et certain d'être authentiquement sur sa "vocation".

- Mettre suffisamment d'"énergie", de "force", de "volonté", d'"effort" pour atteindre son "objectif".

- Ne pas trop forcer les choses : si la manière de faire ne marche pas, changer un peu (ou beaucoup) d'angle d'attaque en gardant la même "intention".

- Accepter d'avoir spontanément des "intentions" et des "objectifs" soit disant négatifs : orgueil, égoïsme, pouvoir, argent,...

- Avoir, ou à défaut se créer, des "intentions" ou "objectifs" soit disant positifs : altruisme, partage, protection de l'environnement,...

- Exprimer discrètement ses "intentions" ou "objectifs" : ne pas en faire trop l'étalage.

- Affirmer son "point de vue", quand cela est absolument nécessaire, de manière diplomatique et non conflictuelle en restant ouvert à l'"opinion" des autres : être sûr de soi mais penser que l'on peut parfois se tromper.

- Ecouter les avis de tous mais suivre son "instinct", son "intuition", son intime "conviction" : en faire un peu à sa tête.

- Ne pas culpabiliser si les choses ne marchent pas comme on le souhaite.

NB : Dans la plupart des livres de management : les notions de TROP, PAS ASSEZ, PEU ou BEAUCOUP sont laissées, malheureusement ou heureusement, à l'appréciation de chacun...

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Article dans son intégralité :

Prenez-vous l'envie ou est-ce l'envie qui vous prend ?...

"Si on ne réussi pas, c'est par ce qu'on ne le veut pas vraiment". C'est bien connu. Cette adage d'origine américaine qui fait écho au fameux "Quand on veut, on peut.", mérite d'être explicité et relativisé. Si vous vous dites par exemple : "Je ne gagne pas assez d'argent.". Vous pouvez être tenté de culpabiliser en vous disant : "c'est par ce que je suis nul ou c'est parce que je ne le veux pas assez.". Ce serait presque normal puisque l'on vous a sans doute répété bien (trop) souvent : "Quand on veut, on peut." Et donc sous-entendu : "si tu ne gagnes pas assez d'argent, c'est parce que tu ne le veux pas assez, ou c'est parce que tu n'en a pas assez envie". Les choses ne sont en fait pas aussi simple, et en tous cas, ne doivent pas vous faire sentir coupable.

Explication : Certes, il s'agit de mettre suffisament d'énergie et d'effort (de volonté, d'envie, de force,...) pour obtenir ce que l'on veut. Mais encore faut-il savoir PRECISEMENT ce que l'on veut. En l'occurence : "Je veux gagner plus d'argent" ; ce n'est pas suffisamment PRECIS. Il faut se dire : "Je veux gagner précisément 300,000 Euros avant le 30 juillet 2008.". Encore une fois, les sommes et les dates sont données à titre d'exemple. C'est bien à chacun d'exprimer PRECISEMENT son besoin, son envie, ce qu'il veut... C'est la toute première étape de la réussite. Ensuite, il faut trouver le plan d'action PRECIS qui va permettre d'atteindre cet objectif final "précisé" au préalable. A défaut de trouver un plan d'action PRECIS, il convient alors de se demander à chacun de nos actes, si ces actes servent ou desservent cet objectif. Par exemple : partir en vacances plus souvent, travailler moins longtemps,... Ce sont des actes qui peuvent être considérés par certains comme desservant l'objectif à atteindre. C'est à chacun de faire le tri. Il faut également trouver un objectif à cet objectif : le "pourquoi faire"... Il faut enfin trouver ce que l'on donnera en échange, toujours pour atteindre l'objectif PRECISEMENT fixé. Je ne souhaite pas détailler ici ces autres étapes. Je souhaite surtout insister sur les points suivants :

A. Il ne faut pas culpabiliser quand on se sent en situation d'échec.

B. Il faut se fixer un objectif PRECIS à atteindre dans un délai PRECIS, à défaut il faut se fixer des petits objectifs PRECIS jours après jours.

C. Il faut trouver un plan d'action PRECIS ou poser des actes qui nous semblent servir cet objectif ultime (ou ces petits objectifs intermédiaires).

Mais attention : Plus le décalage est grand entre mon point de départ et mon point d’arrivée, plus il faut faire preuve de créativité. Par exemple : "Je veux être patron d’une multinationale dans un an, mais je n’ai pas le bac et aucune expérience professionnelle.". Dans ce cas, il faut être sacrément créatif pour trouver le plan d’action qui permette d’y arriver. Et parfois la créativité a ses limites. Il faut alors rêver moins haut en se satisfaisant par exemple d’un poste de manager dans une PME. Ceci dit, il vaut mieux commencer par viser la lune (rêver sans contrainte pour commencer) et se rabattre sur le Mont Blanc (rêver raisonnablement par la suite), si on ne parvient pas à trouver le plan d’action suffisamment efficace.

Mais attention : Tout ceci ne garantit pas le succès. Ce sont des conditions indispensables mais pas forcément suffisante. Cela ne marche pas à tous les coups, malheureusement... Donc, encore une fois, inutile de culpabiliser si cela ne marche pas.

Pour mettre toutes les chances de votre côté, et pour en revenir plus exactement au titre de cet article au sujet des "envies", je vous conseille de suivre la démarche suivante, de répondre au questions suivantes quand les choses ne marchent pas comme vous le voulez :

NB : Ci-après, le mot "envie" pourrait tout aussi bien être remplacé par le mot "objectif".

1. Ais-je des envies contradictoires ?

Reconnaissez, si tel est le cas, que vous n’avez pas totalement envie de ce que vous prétendez aux autres et à vous même. Reconnaissez peut-être que, pour des raisons diverses (peurs, éducations,…), vous êtes divisé : une partie de vous veut quelque chose, et l’autre ne le veut pas. Essayez de voir le OUI MAIS. Par exemple : "Je veux obtenir une augmentation auprès de mon patron, OUI MAIS les collègues vont être jaloux.". S’il y a le moindre OUI MAIS ou une objection quelconque, cela signifie que vous ne prenez pas l’envie, c’est en fait l’envie qui vous prend (d’où le titre de cet article). Les OUI MAIS ou objections sont autant d’envies contradictoires à votre soit disant envie principale. En psychologie, et pour simplifier, on appelle ces OUI MAIS, ces objections : les bénéfices secondaires. Je préfère les appeler les bénéfices "contradictoires"...

2. Ais-je des envies égoïstes ?

Encore une fois, reconnaissez, si tel est le cas, que vous avez des envies que vous n'osez pas vous avouer, ou que vous n'osez pas avouer aux autres. Exemple : Je veux une augmentation de salaire pour acheter des vêtements de luxe et être admiré par les autres. J'appelle également bénéfices d'images ou bénéfices d'orgueil, ce genre d'envies égoïstes.

3. Ais-je des envies prétextes ?

Une nouvelle fois, reconnaissez peut-être que vous avez des envies que vous prétendez pour vous donner bonne conscience. Ce sont des envies qui ne servent qu'à dissimuler l'envie égoïste. C'est en fait la belle histoire que vous racontez pour ne pas vous sentir coupable. Exemple : Je veux une augmentation pour que mes enfants ne manquent de rien (alors que c'est aussi parce que vous voulez vous acheter des vêtements de luxe). Ce sont les bénéfices de fausse humilité. NB : La belle histoire peut ne pas être un prétexte, elle peut être tout à fait sincère et authentique. C'est à chacun de ne pas se duper.

4. Quel(s) envie(s) je décide finalement d’avoir ?

Les trois premières étapes consistent à admettre que l'on peut spontanément avoir des envies contradictoires, des envies égoïstes et des envies prétextes. Pour la quatrième étape, je vous conseille tout d'abord d'assumer vos envies égoïstes et prétextes. Ne les refoulez pas mentalement, dans vos pensées ; acceptez les comme faisant partie de vous même. En revanche modérez les dans vos paroles et dans vos actes. En effet, ces envies sont nuisibles si elles ne sont pas acceptés par vous même, et/ou si elles sont trop souvent signifiées à votre entourage. Les gens perçus comme "trop" égoïstes ou hypocrites finissent généralement par perdre leurs amis. Et il se peut que vous "ayez envie" de garder vos amis... Ensuite, pour ce qui concerne les envies contradictoires, je vous conseille de faire des choix. Vous ne pouvez pas tout vouloir, tout avoir, et le contraire. Sauf à faire preuve d'une grande créativité. Exemple : "Je veux une augmentation ET je ne veux pas rendre mes collègues jaloux.". Donc, si vous ne trouvez pas un moyen de négocier une augmentation pour tout le monde, par exemple, il vous faut alors choisir entre l'envie de gagner plus d'argent et l'envie de ne pas créer de ressentiment chez les autres. Une grande créativité permet parfois de concilier deux envies contradictoires, mais souvent, malheureusement, il faut se résigner à lâcher un bénéfice secondaire, une envie contradictoire. D'où l'image bien connue du passager de la montgolfière qui lâche du leste pour "aller plus haut"... Quand vous choisissez une envie, ou quand vous choisissez plusieurs envies apparemment contradictoires, et que ces envies deviennent complémentaires, voire synergiques grâce à la créativité, dans ces cas : vous prenez l'envie (ou les envies), ce n'est pas l'envie (ou les envies) qui vous prennent. CQFD par rapport au titre de cet article.

Avant de conclure, sachez que : plus vous choisissez d'envies variées, même si ces envies ne sont pas contradictoires (plus vous vous fixez d'objectifs) moins vous aurez de chances de les réaliser. Car la satisfaction des envies, l'accomplissement des objectifs, demande une grande concentration de notre effort, volonté, énergie... Comme le dit le bon sens commun : "Il ne faut pas courir plusieurs lièvres à la fois.". Il convient également d'être suffisamment persévérant en ne lâchant pas une envie pour une autre à tout bout de champs. Je fais référence au "bon sens naturel" du prédateur qui poursuivra une seule bête dans le troupeau, et ne se laissera pas détourner par une proie apparemment plus proche à atteindre, mais dont il ignore l'excellente agilité et endurance permettant d'échapper facilement à son poursuivant. lI convient enfin de ne pas "trop" forcer pour obtenir ce que l'on veut. Au risque de s'épuiser. Il suffit d'essayer un peu différemment, de changer sensiblement de manière de faire, pour obtenir plus, avec moins d'effort. Tel l'ostéopathe qui trouve l'ouverture en déplaçant son geste de quelques millimètres seulement... Là encore, la créativité a son rôle à jouer.

Mais pour conclure, attention : Cela ne marche pas à tous les coups. Cette démarche est juste susceptible d’améliorer votre réussite. Cela vous donne plus de chances. Il y a évidemment des cas qui ne se prêtent pas à ce jeu des envies. Je veux parler notamment de maladies graves ou réputées incurables. Et dans ces cas, si cela ne coûte rien d’essayer, il ne faut surtout pas culpabiliser si cela ne marche pas. De manière générale, je suggère de ne pas culpabiliser. Plus facile à dire qu'à faire... Alors si on culpabilise quand même, je suggère de ne pas culpabiliser, de culpabiliser... Ce n'est pas la peine de rajouter une couche supplémentaire de culpabilité à une première déjà suffisamment pénalisante.

Copyrights : Marc Vachon, Consultant, Europe, France, Lyon

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