Comment résoudre un problème ? 9 questions clefs à se poser...

Je perçois un problème. Je me pose la question :

1. Est-ce que je perçois un problème ou une situation à améliorer ?

Généralement cette question se pose naturellement à nous, car nous ressentons une "souffrance" qui se traduit par une "envie" (voir mon article du 31 décembre 2007).

Je formule le problème de départ. Je me pose la question :

2. Quel est le problème ?...

J'obtiens une réponse qui constitue mon problème de départ.

Je réfléchi à la cause et à l'intérêt du problème. Je me pose la question :

3. Quel est le "pourquoi" et le "pour quoi" du problème" ?... (Quelle est la cause du problème et quel est l'intérêt de le résoudre ?...)

La question de la cause et de l'intérêt du problème peut paraître bizarre. Mais combien de fois passe-t-on du temps à tenter de résoudre un problème qui n'a pas tant d'importance que cela, ou qui n'est pas le vrai problème ?... C'est l'épiphénomène ou "l'arbre qui cache la forêt". Le problème peut être juste une préoccupation passagère qui n'est relativement pas intéressante, comparée à d'autres problèmes plus vitaux. Le problème peut également nous apparaître parce que notre esprit a besoin de "grains à moudre"... Explication de ce besoin "spirituel" ou "mental" de "grains à moudre"... Chaque être humain souffre d'une angoisse existentielle plus ou moins forte, plus ou moins consciente, et plus ou moins utile ou handicapante selon les cas. De plus, chaque être humain est plus ou moins affecté par des traumatismes de sa vie passée. Je fais ici référence notamment aux théories existentielles et freudienne. Et je suis donc en accord avec le point de vue connu selon lequel : "nous sommes tous des névrosés.". Ainsi, l'esprit humain ressent plus ou moins consciemment une souffrance, naturelle, permanente et d'intensité variable selon les personnes et les moments. Dans ce contexte, parfois, mais toujours plus ou moins consciemment, la partie rationnelle de notre esprit essaye de comprendre la raison de la souffrance ressentie. Et c'est là que le "problème" arrive, car notre esprit ne "pense" pas forcément que la souffrance provient de notre angoisse existentielle ou de nos traumatismes passés... Au lieu d'attribuer la souffrance à l'angoisse ou au traumatisme concernée, notre esprit "pense" à un autre problème possible... L'esprit cherche alors une fausse justification à la souffrance ressentie... Et il finit rapidement par trouver le "faux problème" : le fameux "arbre qui cache la forêt"... D'où "l'intérêt" de se poser la question de "l'intérêt" du problème (cqfd).

Je décide alors d'arrêter ou de continuer la démarche de résolution de problème, dans la même direction (pour le même problème) ou dans une autre direction (pour un autre problème). Je me pose la question :

4. Qu'est-ce que je décide de faire ?

Cette question clef signifie que toute solution réside dans la prise de décision et dans l'action. C'est à mon avis LA QUESTION LA PLUS IMPORTANTE A SE POSER LORSQUE L'ON EST CONFRONTE A UN PROBLEME. Si par hypothèse, je continue la démarche de résolution de problème, pour le même problème de départ ou pour un nouveau problème découlant de la question précédente...

Je décide de mettre en oeuvre la première solution / idée qui me vient à l'esprit. Je me pose la question :

5. Quelle est la première solution / idée qui me vient à l'esprit ?...

Attention : La première solution qui nous vient à l'esprit n'est pas toujours la meilleure (contrairement à l'adage bien connu). De plus, la première solution qui nous vient à l'esprit est parfois tellement fulgurante qu'on la "zappe" inconsciemment. Et c'est en fait la deuxième ou troisième solution que l'on met en oeuvre, croyant à tord que c'est la première... Mon conseil : soyez très attentif à la toute "vraie première solution" qui vous traverse très furtivement l'esprit, pour l'intercepter et la jauger avec les autres solutions éventuellement envisagées par la suite. Si vous ne faites pas l'effort de capter et d'évaluer la première solution avec les autres possibles, si vous décidez de mettre en oeuvre immédiatement la soit disant première solution ; vous pratiquez alors "la routine mentale", parfois opportune, et parfois risquée au point de vous faire tomber dans des travers qui vous coûtent chers...

Je décide de chercher et d'évaluer d'autres solutions / idées possibles. Je me pose la double question suivante:

6. a. Quels autres solutions / idées me viennent à l'esprit ?...

6. b. Quel est le pour et le contre de chaque solution / idée trouvée ?...

Pour plus d'efficacité dans la production et la sélection des solutions, je vous invite à étudier les techniques de créativité et de résolution de problèmes que je peux vous présenter sur simple demande. Ici, l'objet est de proposer une démarche simple dans les grandes lignes.

NB : Quand on parle de solution, on parle d'une idée d'action concrète qui nous permet de faire un pas vers la solution finale correspondant à la disparition du problème. Ainsi, décider par exemple de demander un avis à un ami, ou décider de chercher des renseignements sur l'Internet,... Cela constitue une solution possible de départ, un premier pas vers la solution finale. Et d'ailleurs, dans ce contexte, s'informer, cela revient à agir !

Je décide de voir les aspects positifs du problème. Je me pose la question :

7. Quels sont les avantages de la situation / du problème ?...

Si auparavant, je décidais de changer "la situation", dans ce cas, qui n'est d'ailleurs pas incompatible (on peut faire les deux), je décide de changer "ma perception", mon regard sur la situation. J'essai de voir le fameux verre à moitié plein, plutôt qu'à moitié vide.

Je décide de m'éloigner du problème. Je me pose la question :

8. De quelles autres situations / problèmes puis-je me rapprocher ?

Auparavant, j'ai changé "LA situation", ensuite, j'ai changé "ma perception" de la situation, et maintenant, je change tout simplement "DE situation". On peut s'éloigner d'une situation trop problématique, pour s'en rapprocher d'une autre qui l'est moins (en tous cas, c'est ce que l'on croit). On peut changer DE situation temporairement ou définitivement. Le cas classique d'éloignement d'un problème est le conjoint qui quitte sa conjointe (ou inversement) croyant que "l'herbe sera plus verte ailleurs". Parfois c'est effectivement mieux, parfois c'est pareil, et parfois c'est pire... Parmi les exemples d'éloignement temporaire d'un problème, on dénombre : les drogues, les loisirs, le travail,... ll s'agit de tout "objet", comme diraient les "psys", qui entraîne un investissement suffisant pour oblitérer temporairement ou définitivement le problème.

J'insiste sur trois points importants : Premièrement, le problème part d'une perception. Deuxièmement, on peut se poser une ou les neufs questions de cette démarche pour résoudre un problème / améliorer une situation. Troisièmement, il n'y a pas de jugement de valeur à avoir, en particulier sur la 8eme question. Par exemple : s'investir dans le travail pour s'éloigner du problème, "se changer les idées", "tourner la page", "faire son deuil" (voir aussi la question 9 à ce sujet),... C'est utile dans une certaine mesure. Je serai personnellement plus circonspect quant à l'usage de drogues que je ne recommande absolument pas.

Je décide d'accepter le problème. Je me pose la question :

9. Est-ce que j'accepte de ne rien changer au problème ?

Parce que je ne veux rien faire, ou la plupart du temps, parce que je ne peux rien faire pour changer les choses ou mon regard sur les choses, je décide de les accepter, entièrement, telles qu'elles sont. C'est ce que l'on appèle avoir fait son deuil d'une situation ou d'un problème. Il s'agit là du renoncement à un changement impossible ou non souhaitable. Ce renoncement a été précédé d'une souffrance liée à la confrontation au problème insoluble. La seule solution est en fait précisément l'acceptation.

RESUME : lorsque je suis confronté à un problème, cela revient à dire que je souffre. Cette souffrance est liée à une perception, un état d'esprit. J'ai alors quatre grands choix possibles, quatre grandes décisions d'actions possibles :

- Je change la situation ;

- Je change mon regard sur la situation ;

- Je change DE situation (je m'éloigne du problème) ;

- Je ne change rien (je reste dans la souffrance, ou je ne fais que passer par la souffrance "en faisant mon deuil").

Copyrights : Marc Vachon

conseil@marc-vachon.com

marc.vachon@extend-management.com