Le prochain Président américain est un fervent défenseur de l'écologie. C'est d'ailleurs un des thèmes en rupture avec la politique du Président actuel, Georges W. Bush... Si Barack Obama veut réduire de 80% les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis d'ici 2050, son prédécesseur a quant à lui refusé jusqu'au bout de signer le protocole de Kyoto.

On pourrait donc s'attendre à ce que l'ami Barack prenne des mesures radicales en faveur de la protection de l'environnement. Oui mais c'est sans compter sur sa volonté de relancer l'économie américaine, que la crise financière des subprimes a fini par mettre en récession (comme la nôtre "by the way"...). Et ces deux priorités sont à priori contradictoires : la croissance économique représente de l'activité et des emplois en plus, certes ; mais la croissance économique génère également de la pollution en plus...

Cette contradiction entre croissance et pollution n'est pas nouvelle, puisqu'on oppose aux écolos depuis des lustres l'argument "business nécessaire" et "emplois indispensables", à chaque fois que les Verts manifestent contre un nouveau projet d'implantation industrielle ou autoroutier. C'est également une contradiction que les médias ont oublié de nous faire remarquer : quand d'un côté notre Président Sarkozy nous disait qu'il fallait aller chercher quelques points de croissance supplémentaires (qu'il fallait travailler plus pour gagner plus...) ; mais que de l'autre côté, on organisait le Grenelle de l'environnement pour protéger notre couche d'ozone... Personne ne s'en étonnait vraiment... Le problème c'est que la croissance et les emplois, en principe, c'est pas bon pour la couche d'ozone ; parce que la croissance, de prime abord, cela augmente la pollution, cqfd...

Alors il y a peut-être une manière de s'en tirer quand on veut à la fois faire de la croissance et faire de l'écologie. C'est le fameux concept de "croissance sélective". Fameux non pas pour sa notoriété (je n'en entend presque jamais parler, même chez les écolos, c'est pour dire...). Mais fameux parce que c'est un concept qui me semble être de "nature" à résoudre cette non moins fameuse contradiction entre "croissance" d'un côté, et "protection de l'environnement" de l'autre.

Pour expliquer ce concept en une courte phrase, je dirai que la croissance sélective est une forme de discrimination positive pour les entreprises vertes... Une politique de croissance sélective consiste, pour faire simple, à "favoriser" toutes les activités faiblement polluantes ou vitales pour l'Homme, par exemples : l'aide aux personnes, l'éducation, la recherche, la santé,... Et bien sûr, dans le même temps, la politique de croissance sélective consisterait à "pénaliser" voire à "interdire" toutes les activités fortement polluantes ou non-vitales pour l'Homme, par exemples : certains pans de l'industrie automobile, de l'industrie chimique,...

Je ne serai donc pas étonné que d'ici quelques mois on entende beaucoup plus parler de croissance sélective, mais aussi de "reconversion sélective" pour toutes les entreprises et leurs employés ayant des activités dites excessivement polluantes ou non-vitales pour l'Homme. Et je ne serai pas étonné non plus que ces entreprises dans le collimateur de l'Etat, s'ingénient à trouver des arguments pour :

- éviter de faire des efforts de reconversion en prétendant être "vitales" pour l'Homme,

- et/ou obtenir un maximum de fonds qui les aideraient finalement à se reconvertir...

Affaires à suivre...

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