Tout d'abord, et je ne m'étendrai pas là dessus car j'en parle déjà dans un article précédent et j'en reparlerai dans un article avenir, il faut arrêter de mettre l'étiquette d'échec sur tout ce qui ne se passe pas comme on le voudrait. Au lieu de voir un échec, il faut dans bien des cas voir un contre-temps, une difficulté, un obstacle pour franchir une étape vers un but supérieur...

Et puis encore faut-il savoir exactement ce que l'on veut ! Car c'est facile de parler d'échec ou d'absence de réussite quand on ne s'est pas fixé d'objectifs et de critères de réussites préalables. Il n'y a pas d'échec ou de réussite sans critères de mesure de l'échec ou de la réussite. Comme disent certains de mes confrères consultants-chercheurs anglais : « You can't manage, what you can't measure. ». Traduction : « On ne peut réussir (ou gérer), ce que l'on ne peut mesurer. ».

On notera au passage que la langue anglaise confond le verbe "gérer" et "réussir" en un seul verbe "to manage" ; ce qui peut en dire long sur l'état d'esprit optimiste et positif des anglo-saxons...

Enfin bref, je réponds à la question : comment faire pour ne pas être "trop" déçu quand on se projette dans l'avenir (avec quelqu'un par exemple) et que tout ne se passe pas comme on le voudrait ?

(A cet instant de l'article, j'ai une pensée pour Amandine, une de mes lectrices qui se reconnaîtra, puisqu'elle semble avoir subi récemment ce que j'appellerai un "contretemps" sentimental...)

Alors ma réponse est la suivante :

Chère Amandine, et pour les autres aussi…

Quand la projection est personnifiée, c'est à dire quand elle met en cause une autre personne, il faut se projeter au prorata temporis vécu par les deux parties.

En d'autres termes, quand on se projette avec quelqu'un, il ne faut pas se projeter avec cette personne, plus que le temps déjà vécu ensemble. La durée de projection avec la personne doit être inférieure ou égale à la durée déjà passé ensemble...

Ce qui n'empêche pas de se projeter plus loin dans l'absolu. Dans l'absolu, c'est à dire sans impliquer mentalement la personne susceptible de l'être par la suite...

Je m'explique :

Vous avez le droit de vous projeter dans l'avenir en visualisant une maison, des enfants, du bonheur, la mer, la campagne, ce que vous voulez...

Mais dans ce rêve bien légitime, faites en sorte de ne pas vous projeter avec l'autre plus du temps déjà passé ensemble : si vous n’avez passé qu’une semaine avec la personne en question, la projection ne doit donc pas excéder une semaine.

Alors bien sûr, cela ne vous empêchera pas d’être malheureux, si la projection ne se réalise pas. Mais au moins vous n’y laisserez pas trop de plumes. Vous y laisserez seulement ce qui est "juste" de laisser. Et en tous cas vous n’aurez pas lâché votre rêve…

Ce truc du prorata temporis, vous aide autant à vous "projeter" qu’à vous "protéger" !

Voilà qui devraient aussi répondre à mes lecteurs, et lectrices en particulier, qui me disent souvent : « Moi je ne me projette plus, comme ça je ne suis pas déçu». Ils pourraient rajouter : «Et comme ça, je suis sûr de ne rien réussir.»… Puisque comme je l’ai dis plus haut et développé dans mes précédents articles : la projection est indispensable pour réussir.

Alors pour conclure : Projetez-vous ! Mais quand vous vous projetez avec quelqu’un d’autre, projetez-vous au prorata temporis du temps passé avec cette personne.

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