Du coup, on confond les impressions, les sentiments, les prévisions, les hypothèses,… avec le réel…

Ce qui peut avoir des conséquences désastreuses quand on essaye de trouver des causes ou des solutions à un problème quel qu’il soit : démotivation, baisse de chiffre d’affaires, diminution de marges, gaspillage d’énergies (dans tous les sens de l’expression…)…

A partir du moment où la réalité est confondu avec la fiction, on peut très bien "s’amuser" à mettre en pratique des solutions pour le moins aléatoires, voire improductive, voire même contre-productives…

Allez, un exemple (conceptuel…) :

Vous animez une conférence, un atelier, ou une réunion et on vous dit : « Le problème vient de telle cause. ».

Est-ce un fait constaté, par qui, comment ?... Ou est-ce une interprétation de la personne qui s’exprime ?

Est-ce la réalité ?... Ou est-ce une hypothèse de la réalité qui nous est ainsi proposée ?

Alors voici un truc :

Méfiez-vous quand une personne dit : « les choses sont comme ceci ou comme cela… ».

Faites lui répéter, par exemple en lui posant la question :

« C’est ce que tu as vu ou entendu par toi même ?... C'est ce que l'on t'as répété ?... C’est ce que tu penses ?... Si c'est ce que tu penses, comment en arrives-tu à penser cela ?... »

Ou tout simplement, posez la question : « Qu'est-ce qui te "fait" dire cela ?... ».

En d’autres termes, "faites" exprimer les sources de l’affirmation : différenciez le fait et l’interprétation du fait…

C’est donc pratique pour trouver les "vraies causes" à une difficulté et les "bonnes solutions" pour y remédier.

En tous cas, on prend des décisions en meilleure connaissance de causes, car on a fait le tri entre le possible, le probable et le réel…

Mais c’est aussi pratique pour éviter les conflits…

Les personnes affirment souvent des choses sans les faire précéder de « à mon avis », « je pense » ou « je crois »,…

Et quand il s’agit de critique, la critique est tout de suite prise pour argent comptant par l’interlocuteur qui se sent facilement blessé, et parfois traumatisé pour longtemps…

Voici l’exemple du "TU qui tue" : « TU es comme ceci ou comme cela parce que tu as fais ceci ou cela…». Entend-t-on dire à son enfant ou à son subordonné, par un père de famille ou un dirigeant d’entreprise (qui doit d’ailleurs paraît-il gérer son entreprise en bon père de famille…).

Et voici ce que l’interlocuteur risque d'entendre : « C’est sûr je suis bon à rien et je ne pourrai jamais m’améliorer… ».

Cela peut-entraîner ensuite des conduites défaitistes de la part d’un enfant ou d’un subordonné, surtout si ce genre de discours lui est tenu de manière répétitive... Je développerai ce point dans un prochain article...

Et bien JE PENSE qu’il vaut mieux dire (car je n’exprime que mon point de vue au travers de cet article) :

« As-tu agis comme ceci ou comme cela, d’après ce que j’ai entendu dire par Pierre, Paul, Jacques ?… Et si tel est le cas, je n’apprécie pas (cela ne correspond pas à mes goûts, valeurs, attentes,…), et je te demande (impérativement, éventuellement,...) de faire comme ceci ou comme cela à l’avenir, sinon je prendrai telle ou telle décision, à moins que tu aies autre chose à me proposer…».

Dans ce cas, l’émetteur du message n’a pas de prétention de jugement de valeur objectif et définitif par rapport à son interlocuteur.

Dans ce cas, l’émetteur du message exprime son point de vue, son propre jugement, subjectif et lié à un événement précis, un fait précis. Et en plus, au départ, l’émetteur du message vérifie le fait ("reformulation avant formulation") ; et au final, il propose (ou impose) une solution tout en restant ouvert à son interlocuteur…

L’émetteur du message aura ainsi plus de chance de régler le conflit naissant ou tout du moins plus de chances d’éviter l’escalade…

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