Pour deux raisons…

Une raison quantitative :

Parce que certaines personnes manquent d’estime d’elles-mêmes : elles ne s’aiment pas assez. Et comme il faut "aimer son prochain comme soi-même", elles aiment les autres autant qu’elle mêmes, c’est à dire insuffisamment…

Une raison qualitative :

Parce que toutes les personnes ne souhaitent pas être aimées de la même manière : on a tous besoin d’amour certes, mais on n’a pas tous la même manière de satisfaire ce besoin d’amour. Et comme il faut "aimer son prochain comme soi-même", on a tendance à donner à l’autre ce que l’"on voudrait soi-même recevoir" ; et non ce que "l’autre voudrait recevoir". Parfois on tombe juste, et souvent on tombe complètement à côté...

(Entre parenthèse : Ce malentendu peut donner lieu aux graves excès de certains extrémistes religieux, qui vont souvent forcer les autres à aimer ce qu’ils aiment, au point parfois de les bannir ou de les tuer si les autres n’acceptent pas leur soit disant "amour".)

Ce commandement est donc mal interprété à mon avis...

On croit à tord qu’il faut aimer l’autre comme soi-même on veut être aimé. Mais c'est une erreur. En réalité, je pense qu'il faut aimer l'autre comme il veut être aimé.

"Aime ton prochain non pas comme toi même, mais comme il veut être aimé" : telle est ma nouvelle proposition.

Ma proposition signifie en détails :

"Aime ton prochain en commençant par le comprendre. Prend le temps de l'écouter sans l'interrompre. Pose-lui des questions pour comprendre ce qu’il ressent, ce qu'il veut et ce qu’il ne veut pas. Reformule ses sentiments et ses volontés tels que tu penses les comprendre. Demandes lui de te confirmer que tu as bien compris ses sentiments et ses besoins. Et ensuite seulement, aime ton prochain comme il veut. Donne lui ce qu'il veut recevoir. Ne fait pas l'erreur de lui donner ce que toi tu veux recevoir.".

NB : Une exception vitale à cette interprétation du "aime ton prochain" : lorsqu'un autre risque manifestement de mourir alors qu'il ne semble pas conscient de la situation (par exemple : un SDF ennivré qui veut dormir sans protection dans le froid) ; dans ce cas, il ne faut pas l'aimer comme il veut ; il faut lui sauver la vie (en le mettant à l'abri par exemple). Cela fait partie des exceptions. Car tout principe doit être, je pense, adapté à une réalité qui n'a pas forcément été prise en compte par le principe...

Avec ma proposition : "aime ton prochain non pas comme toi même, mais comme il veut être aimé" ; je pense que l’on comprend mieux ce qu’il faut faire, à mon avis, pour vraiment aimer son prochain.

Mais c’est sûr que cette proposition, moins synthétique et moins facilement mémorisable, se "markete" religieusement moins bien…

La forme aurait-elle été préférée au fond par les marketeurs religieux ?

A moins que leur inspiration divine ait été quelque peu brouillée au moment de la retranscription terrestre…

C’est quand même dommage en tous cas, car c’est un commandement majeur retransmis depuis des siècles et des siècles, des parents aux enfants notamment…

Un commandement bien installé dans la conscience et l’inconscience collective, qui est devenu, à mon avis, le plus grand malentendu de tous les temps...

CQFD

Marc VACHON

conseil@marc-vachon.com

marc.vachon@extend-management.com