Un bon reproche doit être précédé au minimum d'une demande non-agressive de faire ou ne pas faire, de dire ou ne pas dire telle ou telle chose... Et le récepteur de cette demande doit au minimum accuser bonne réception de la demande.

Idéalement, la demande doit être très précise, ne pas faire ou ne pas dire telle ou telle chose dans telle circonstance, en donnant des exemples concrets... Et le récepteur de doit reformuler précisément cette demande en donnant son accord pour suivre la demande : il s'engage à faire de son mieux pour atteindre l'objectif fixé, ou bien il s'engage à atteindre l'objectif fixé (engagement de moyens vs. engagement de résultats).

Si cette petite procédure de communication interpersonnelle n'est pas respectée ; alors, si l'on vous fait un reproche, considérez que ce reproche est un mauvais reproche, c'est à dire un reproche injuste et injustifié.

Et avant de reprocher à votre tour le reproche abusif que l'on vient de vous faire, et bien demandez à votre interlocuteur s'il est d'accord pour suivre cette petite procédure.

Sans quoi vous passeriez de victime du reproche abusif initial, à bourreau avec un reproche abusif en réponse.

Je ne vous ai pas donné d'exemples précis de ce genre de situation, pour vous laisser les trouver par vous-mêmes...

Vous devriez y parvenir facilement : qu'il s'agisse de vos relations amicales, amoureuses et bien sûr professionnelles avec vos collègues de travail ou votre patron...

J'estime que la perception de reproches abusifs non-traités est un facteur déterminant dans 80% des conflits, mauvaises ambiances, mal-êtres, violences verbales ou frustrations des relations interpersonnelles.

Une personne qui refuserait de se plier à cette procédure ou à une autre de ce genre, pourrait à mon sens être un manipulateur plus ou moins conscient.

Le reproches et la colère (petite ou grande qui est son corollaire) sont deux ingrédients de la recette de la manipulation.

A suivre...

MARC VACHON, CONSULTANT-CHERCHEUR EN MANAGEMENT