Certains vendeurs créent ou montrent la complexité d'un problème afin de vendre des solutions complexes, donc à prix fort et obligeant le client à en être dépendant sur le long terme...

Des managers, des consultants et même des employés peuvent avoir intérêts à ce que les problèmes semblent complexes, persistent dans le temps, sois difficilement résolus avec des solutions complexes, car cela leur donne de la valeur, cela valorise leur statut...

On a ainsi l'impression qu'ils servent à quelque chose...

Tant que le problème et la complexité sont là, ils ont du boulot, cela leur procure une rente de situation...

Ils se disent trop souvent : le tout est de rendre le problème et la complexité juste suffisamment viable, juste suffisamment acceptable... Il ne faut surtout pas résoudre le problème complétement et de manière simple, sinon on ne servirait plus à rien... On doit aider les autres à "avoir du grain à moudre", on ne doit surtout pas leur enlever leur grain, sinon à quoi on servirait, nous les managers, nous les consultants, parfois si chèrement payés.

Même logique de complexification pour les auteurs d'ouvrages de 300 pages vendu 19,90 ou 29,90 Euros dans les librairies.

Si ces auteurs résumaient le fond de leurs pensées en 2 ou 3 pages, personne n'achèterait leurs bouquins, ou pour trois fois rien.

Cependant, je ne veux pas "trop" jeter la pierre sur les complexificateurs que nous sommes trop souvent.

Car cette tentation de la complexité égocentrique, c'est à dire pour nous protéger, pour servir nos intérêts particuliers, est souvent une tentation inconsciente.

De manière générale, je pense que les choses sont en réalité souvent plus simples qu'on ne le croit, et qu'en tous cas, "ce n' est pas parce les problèmes paraissent complexes que les solutions doivent l'être", bien au contraire...

La réalité est-elle complexe, ou voit-on la réalité de manière complexe, ou même créons-nous la complexité de la réalité ?...

Ma position est simple : la réalité est simple et on a trop tendance à la complexifier.

L'application en entreprise est aussi simple : passons moins de temps à diagnostiquer les problèmes avec des diagrammes de causes à effets à n'en plus finir pour lesquels on trouve rarement de consensus.

Et passons davantage de temps à nous focaliser sur des objectifs idéaux, que l'on atteindra peut-être pas (et ce n'est pas grave), mais que l'on a au moins tous en ligne de mire, pour trouver des solutions simples, faciles à mettre en œuvre, qui sont généralement consensuelles.

Et si cela remet en cause certains postes dans l'entreprise, faisons simplement preuve d'éthique sociale, en proposant aux personnes concernées des formations, des compensations...

Demandons simplement aux personnes ce qu'elle aimeraient faire idéalement, et on découvrira que bien souvent que les problèmes et la complexité auxquelles ces personnes étaient attachées, ne constituaient qu'un filet de sécurité qui ne les épanouissait pas tant que ça en réalité...

Raccrochons nous toujours à un (objectif) "idéal simple", que ce soit pour l'organisation ou son personnel, et les solutions simples qui profitent à tous, bien souvent, couleront de sources...

MARC VACHON, CONSULTANT-CHERCHEUR EN MANAGEMENT, LYON